mardi 16 avril 2019

Images ....Guise et mes souvenirs....

Je suis toujours à Guise et pensées et en souvenirs....
Je viens de recevoir un merveilleux cadeau de la part de mon colonel, frère de mon ami de la Société Générale, Daniel. C'est donc mon colonel qui m'avait adressé ces quelques photos qu'il avait prises  lors de son passage à Guise… (RIP mon Colonel) ce qui m'a permis de replonger dans mes souvenirs...
Vous guisards qui habitez encore la ville, vous ne serez pas surpris par ces images...mais moi... imaginez vous à ma place ....
Laissez moi d'abord vous montrer ma rue et mon ancien cinéma....
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Ma rue, le boulevard Péquereau...il y a plus de voitures que de mon temps...j'habitais au fond à droite de la photo...ma mère travaillait en bas à droite (dentiste)



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Mon cinéma, l'Eldorado....comment est il devenu !!! une misère de le voir comme ça changé en magasin...avant il brillait de mille feux ...que des stars chez lui!!!
Le café de la place d'Armes dont je vous ai déjà parlé ...Monsieur Cottenest et son fils sont décédés ...leur café reste !

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On ne peut pas parler de Guise sans nommer Camille ....
Il est bien là !!!
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lundi 15 avril 2019

Deux regrets.


Les souvenirs me reviennent au fur et à mesure que j'écris ...40 ans d'armée ...c'est long et très dense en évènements...

Dans la vie on a parfois des regrets qui nous poursuivent...on y pense souvent et on se dit "si j'avais su !!!"
Voilà au moins deux regrets que je vais vous raconter....
Trèves... je suis en exercice avec le 2° corps d'armée de Baden...je vous avais expliqué déjà qu'au centre opérationnel de ce corps d'armée j'étais chef de site régulation messagerie...les filles tapaient sur les machines avec frénésie au risque de se casser les ongles ... et moi je gérais tout ce flux de messagerie... ce soir là j'étais de bordée de nuit... j'étais malade...beaucoup de fièvre ...c'était en décembre et dehors il neigeait dru...je savais que je devais rester toute la nuit éveillé ...j'ai donc demandé à mon adjointe de me remplacer le temps que j'aille boire une boisson chaude à la popote de la manœuvre... C'était dans une grande tente...je me fais servir un grand café bien bouillant ...j'avais les yeux larmoyants... je me suis assis à une table ...seul avec ma "crève"!
Il y avait d'autres militaire au fond de la tente debout autour d'une grande table en train d'étudier une carte d'état major... l'un d'eux se retourne et je reconnais mon colonel du 8°RI de Noyon...ça fait 7 ou 8 ans que je ne l'avais pas vu...il était passé général... malade, je n'ai pas osé aller le voir...pourtant je sais qu'il aurait été très content de me voir...j'étais encore adjudant chef mais je venais de réussir mon concours de major..j'aurais pu lui apprendre...non ! j'ai bu mon café et je suis retourné à mes messages au CO... Je regrette beaucoup de ne pas l'avoir salué ce soir là... je ne l'ai jamais revu...dommage...mon général !

De retour de Mostar je suis affecté à l'école d'état major de Compiègne... je dois apprendre un nouveau travail...le système de simulation Janus... nous sommes plusieurs à monter un centre de simulation à Compiègne et nous devons aller tous les jours à l'école militaire à Paris pour nous former sur ce système informatique de simulation...C'est don gare de Compiègne... gare du nord... métro... et école militaire... tous les jours comme ça pendant un mois...dans le train et le métro je suis encore dans mes souvenirs de Mostar... du Bapsi des allemands ou de la Mechta de Semra...j'ai essayé d'oublier le travail du CO car c'est du confidentiel défense ...alors plus vite on oublie... plus vite on évite de dévoiler des secrets par mégarde...!
Un matin, à une station de métro un homme rentre... je reconnais mon colonel de Sarajevo... comme le monde est petit... dans la foule immense qui prend le métro chaque jour à Paris je me retrouve avec mon chef de bataillon du Batgen...en me voyant son visage s'éclaire...nous parlons...je lui raconte mon parcours depuis qu'on s'est quitté deux ans auparavant...je lui explique enfin le travail que je faisais au CO de Mostar...et là il me pose une question... "le train entre Sarajevo et Mostar est il enfin reparti... vous vous rappelez que le bataillon était en train de réparer les voies..." et là je lui dis que je ne sais pas ... le métro s'arrête ...il sort car c'est sa station...!je ne le reverrais jamais ...
Arrivé chez moi le soir, je repense à mon colonel dans le métro et là j'ai un éclair... mais bien sur que le train de Sarajevo à Mostar refonctionne ! j'ai même une anecdote à ce sujet...A Mostar je vous avais expliqué que j'étais chargé de rédiger le compte rendu journalier ...compte rendu des évènements qui se sont déroulé sur le territoire chaque jour... c'était une vingtaine de pages d'évènements...le moindre accident, le moindre incendie, une visite d'une personnalité ...enfin tout ...
Et pour le train j'avais eu à traiter ce sujet...on avait organisé l'inauguration de la ligne et lors de son premier voyage le train avait écrasé un berger... il ne savait pas qu'un train allait passer là...ça faisait des années qu'il n'y avait plus de train!!! et j'avais oublié de raconter ça à mon colonel ! je me suis donc dit qu'il avait cru que je lui avais menti en disant que je rédigeais chque jour le compte rendu quotidien...lui qui travaillait désormais à l'état major des armées...il était au courant pour le train car ce compte rendu que je rédigeais chaque jour, il allait, entre autre, à l'était major des armées...!
Je ne l'ai jamais revu pour lui expliquer ceci ...moi qui m'étais fermé aux souvenirs secrets de mon travail de Mostar...! et il faut dire que le matin dans le métro je n'étais pas très réveillé !

Le Secret

 
Nous avons emménagé dans la grande maison de l'usine à gaz et c'était le bonheur ....
Nous vivions au rythme des astreintes EDF de mon père...les nuits étaient courtes quand l'alarme se mettait à sonner. Nous les enfants restions au lit mais mon père s'habillait, enfilait sa canadienne et filait dans les campagnes avec ses collègues. C'est lui qui avait la voiture, il allait chercher les autres agents qui étaient d'astreinte. Pendant ce temps, ma mère restait au téléphone pour répondre aux usagers qui signalaient une panne de courant. Et le réponse était toujours la même "ils sont en train de réparer" Parfois je descendais voir comment ça se passait et je la voyais expliquer au téléphone pour que les gens ne s'inquiètent pas Elle n'était pourtant pas agent EDF, mais les conjoints étaient mis à contribution à cette époque. C'est un grand souvenir pour moi d'évoquer cette période...
C'était notre vie..et même le matin quand je me rendais au collège je ne racontais jamais cet épisode de la nuit...inconsciemment, j'avais l'impression que c'était un secret EDF !
Bien plus tard, quand j'avais connaissance d'un évènement militaire dans mon métier, je faisais pareil, je ne racontais rien à personne...même à ma famille...la culture du secret ...secret bancaire...secret EDF...secret militaire...

dimanche 14 avril 2019

LES GRANDES MANOEUVRES


L'armée française stationnée en Allemagne avait des missions très importantes et elle s’entraînait à craindre le pire.
Le mur de Berlin n’est pas encore tombé et les différents scénarios sont joués sur le terrain même de la future action décisive….C’est dans cette optique que les états majors s’entraînaient.
Une manœuvre (appelé exercice) de corps d’armée ce sont trois divisions sur le terrain. Le centre opérationnel du corps d’armée s’installe dans une infrastructure déjà en place. Garage ou gymnase immense. Il en faut de la place avec tous ces câbles à tirer par les transmetteurs et les tables et chaises à installer, les liaisons téléphoniques RITA (réseau intégré des transmissions). Le RITA c’est déjà, à l ‘époque, le téléphone du futur. Il est sécurisé car chiffré et il fonctionne par satellite. Chaque cellule en possède un poste, sorte de gros portable vert armée et fonctionnant avec des touches sécurisée et un code secret (pin). Votre téléphone portable d’aujourd’hui, je l’avais déjà en 1988 !!!
L’exercice commence par un emplacement à Achern, dans un régiment de train. La vie du CO est simple, il fonctionne nuit et jour. Les hommes travaillent en bordées. Les cadres qui ne sont pas au travail mangent et dorment, ils vont remplacer leurs homologue ensuite. Il y a deux équipes qui se relaient jour et nuit. Au bout de deux jours, le CO bascule, il doit suivre l’évolution géographique du conflit. Chacun désinscrit son poste RITA ou PTA (postes de téléphone intégré), c’est à dire qu’il efface le code secret et se réinscrit sous un nouveau code de bascule. A l’arrivée au nouveau CO, le cadre se réinscrit sous son ancien code.
Ce que je vous explique est assez fastidieux mais je voulais vous monter le travail d’un cadre en manoeuvre. Enfin la Co basculera encore deux fois dans la semaine pour se retrouver en fin de parcours à Fribourg.
Nous suivons l'évolution de la manœuvre sur d'immenses cartes d'état major...pour ma part, j'étais chef de site régulation messages... tous les messages à destination du CO arrivaient sur mon bureau...à charge pour moi de les diriger vers la cellule concernée par l'objet du message. Je commandais dix personnels féminins sergents chef ou adjudant ...elle frappaient les messages à destination des divisions sur le terrain...tout cela était traité par le SICF (système informatique de commandement) Et des messages, il y en a des milliers à frapper. Il y avait aussi les messages à l’arrivée que je visionnais sur un appareil appelé « visu »(sorte d’écran de télé au fond vert olive) et je les dirigeais vers les cellules du PC. Et là aussi,il y en a des milliers…La nuit quand le CO commençait à s’endormir, je prennais un malin plaisir à libérer les messages en attente dans la visu, ce qui a pour effet de faire crépiter tous les téléscripteurs des cellules du CO et toute la ruche se  remettait à courir!!!

Ces exercices durent une semaine pendant laquelle les épouses sont seules chez elles dans des logement loués par l’armée. Pour ma part je logeais à la cité Thiérache où dans l'immeuble Craonne...l'immeuble "Guise" n'est pas loin de moi  Vous voyez que même à l'étranger on reste français… et Guisard !!! 

Mes grands amis ... Pierre et Marinette ...



Il y a des noms inséparables comme Laurel et Hardy ou Boule  et Bill ou encore Bonnie and Clyde...à Guise, pour moi  il y avait Marinette et Pierre...
J'avais le très grand plaisir de sortir avec eux...avant que l'un ne déclare sa flamme à l'autre...J'avoue que j'étais très impressionné affectivement par Marinette... J'avais beaucoup d'affection pour elle et Pierre était pour moi un très bon camarade...
Nous sortions tous les samedis soir...bals ou cinéma. Les bals dans les villages étaient nombreux à l'époque ...les jeunes savaient s'amuser ...pas de bagarres, nous étions en sécurité. Bien souvent, les parents accompagnaient leur fille et il fallait demander pour danser ...(comme dans la chanson d'Adamo). On allait aussi au bal au Familistère quand il y avait fête....
Pour le cinéma, c'était pratiquement toujours à Saint Quentin ou une salle programmait des Dracula le samedi soir...nous chantions des chansons des COMPAGNONS DE LA CHANSON sur la route dans la 4L de Pierre.
Un jour Marinette et Pierre sont venus chez moi nous apprendre leur futur mariage...pas de jalousie de ma part mais une grande peine...j'aurais dû me douter que ces deux là s'aimaient d'amour alors que moi je les aimais d'amitié.
Pierre m'a rendu de grands services..il m'a accompagné à Laon pour mon engagement dans l'armée, il m'a aussi accompagné à Cambrai ou je suis allé faire mes trois jours...merci encore Pierre pour ton amitié!
Là encore, nos chemins se sont perdus...chacun a pris son chemin, ils se sont mariés comme prévu...
Je suis parti à l'armée...loin de Guise...j'y revenais parfois mais je n'ai jamais  revu mes amis.
Une fois, alors que j'étais en voiture, j'ai aperçu Marinette du côté du jeu de paume...ça devait être la kermesse des vieux ...elle ne m'a pas vu.
Aujourd'hui, je sais qu'ils sont séparés...mais pour moi, dans mon esprit ils sont toujours inséparables...Marinette and Pierre ...et ... plus moi...
Sachez tous les deux que je pense souvent à vous...les bals au Familistère ...dans les villages... Dracula....Les Compagnons de la chanson.... et tout le reste que l'on a vécu ensemble … Mes 

samedi 13 avril 2019

Nouvelle armée !!! armée professionnelle !



Guise est toujours dans ma mémoire mais j'avance …. 
Chalons en Champagne Etat Major de la 2°DB... On va devenir une nouvelle armée...une armée professionnelle...Plus d'appelés...que des engagés !

Un matin le chef d'état major m'a appelé pour me donner une mission importante. Recruter les nouveaux soldats engagés et les former ...comme soldats et comme secrétaires d'état major. Pour le recrutement ce fut simple les centres de recrutement me proposaient des volontaires, je les recevais et je faisais mon choix.
J'ai donc recruté 30 futurs secrétaires 25 hommes et 5 femmes ...la formation pouvait commencer... (à noter que cette mission ne me déchargeait pas de mon emploi principal à la section stages et examens)
J'étais chef de section des engagés, désigné par le chef d'état major et j'avais établi un programme dans lequel toutes les matières étaient enseignées... beaucoup de sport, d'apprentissage de la bureautique d'état major et connaissances des différentes armes composants la division... enfin c'est ce qu'on appelait dans le temps les classes.
La dernière semaine était consacrée à un camp de base à Mourmelon pendant lequel je leur ai fait visiter les différents régiments de la division... infanterie, arme blindée cavalerie, Génie à Charleville et Artillerie à Suippes. Les trois derniers jours de la formation se terminaient par un raid.
J'avais choisi le scénario avec une embuscade comme lors de mon opération survie de Mont Louis et une marche sur le chemin des dames dans la neige du mois de décembre 1997. Nous avons souffert...
Il faisait tellement froid que j'ai demandé l'hébergement au curé de Margival que je connaissais bien car c'était mon aumonier quand j'étais en poste au CEC. Pas de soucis pour monsieur l'abbé ...il m'a juste demandé combien j'avais de "bipèdes".
Le soir je leur ai permis d'aller au café du village pour se réchauffer avec une boisson chaude...
Le lendemain matin nous avons chanté le chant de la place du village pour "réveiller" les habitants...
Alors que je préparais mes soldats pour le retour sur °DB sur la place du village Chalons en camion... mon colonel m'a appelé sur mon portable et m'a dit " Major ! mission choisir 15 des engagés qui partiront avec vous au mois d'aout en Bosnie..." Bonne nouvelle...j'allais repartir en opération extérieure...à Mostar cette fois.
Le lendemain à Chalons c'était la cérémonie de remise des képis à mes engagés...et à l'issue de cette prise d'armes, nous avions organisé un petit pot auquel les parents des jeunes soldats avaient été conviés.
A cette occasion j'ai pu les rencontrer et j'ai demandé aux mamans des filles si elles acceptaient que je prenne leurs filles avec moi pour aller en OPEX à Mostar... elles ont accepté et j'ai donc pu emmener trois des cinq filles en Bosnie.....
Encore une belle période de ma carrière ..

Les parents antiquaires de Mireille de Guise



 Les parents de Mireille étaient antiquaires à proximité de l'église...
Elle et sa sœur étaient mes amies...
Si je me souviens, elle était venue au voyage de la chorale à Ostende avec l'abbé Couterie
Qu'est elle devenue ?
Si quelqu'un sait, qu'il nous le dise en commentaire ...
Je l'espère en bonne santé et heureuse ...

Le magasin de l'antiquaire existe t il encore ? 
Si oui quel commerce s'y trouve aujourd'hui ?
Des souvenirs pour moi …. 

vendredi 12 avril 2019

Des connaissances ...


Quand vous passez une partie de votre vie dans une institution comme l'armée vous rencontrez de nombreuses personnes ...des gens que vous appréciez et que vous aimez... beaucoup se souviennent de vous...Un exemple ... quand j'ai fait les classes aux appelés du contingent à Belfort...150 soldats passaient deux mois à la 11° compagnie... et ils me connaissaient tous... vous calculez le nombre de soldats qui m'on connu en trois ans... plus de 2000 personnes ... et je peux vous dire que c'était en 1970 et que certains me contactent pour me faire un petit bonjour...comme Jean Michel de la Bourgogne  m'appellait souvent mon petit sergent Francis… (Jean Michel est malheureusement décédé ) 
Je rencontre également, parfois, des personnes dans la rue qui m'appellent sergent ou mon adjudant suivant l'époque à laquelle elles m'ont connues... moi bien sur je ne les reconnais pas mais j'essaie de leur montrer que leur visage m'est familier...
Il y a même un monsieur grand responsable chez Cora France qui visite tous les hypermarchés Cora de France et de Belgique pour inspecter et prodiguer des conseils d'agencement de rayons ou d'approvisionnements qui est venu me voir un jour à Cora pour me saluer...lui, je me suis souvenu de lui car nous avions joué ensemble au football contre l'équipe de Folembray...lui se destinait à une carrière professionnelle (il était fort) et j'ai été surpris de le voir dans cet emploi...chaque fois qu'il vient à Cora à Soissons ...s'il me voit il n'oublie pas de venir me saluer ...il doit venir trois ou quatre fois par an...
Quand on parle de football, à Belfort j'ai fait les classes à un footballeur professionnel de Sochaux... il jouait notamment avec Georges Lech... il s'appelait Lechantre .... il a joué à Monaco, Reims et Laval entre autre et a été entraineur du Cameroun, du Quatar et de Mali... j'espère que lui se souvient de moi car j'étais son professeur militaire particulier...mais il était plus souvent en match ou à l'entrainement qu'à la compagnie pour apprendre le maniement des armes...
Enfin pour terminer cette petite histoire...je voudrais vous présenter une personne que j'ai beaucoup apprécié dans ma vie militaire... elle était lieutenant avec moi à Sarajevo... imaginez une femme commandant 30 soldats ! Je l'ai revue plusieurs fois au cours de ces dernières années... à Chalons en Champagne, elle venait souvent en visite envoyée en mission par son régiment ... puis j'ai eu le plaisir de travailler avec elle au Centre Opérationnel à Mostar ...elle était traductrice (c'était une linguiste) elle était capitaine...et avait commandé une compagnie de 120 soldats à Charleville Mézières...
La dernière fois que je l'ai rencontrée...c'était un soir...j'étais attablée à la salle à manger de l'école d'état major avec mes collègues... et qui j'ai vu de loin passer à la chaine ? ELLE ! elle était lieutenant colonel...et dès qu'elle m'a vue son visage s'est éclairé... elle travaillait dans un organisme parisien et était venue pour la journée encadrer un stage de langue aux officiers du concours DEM (diplôme d'état major)...Content de vous avoir revue Colonel !!!


14 juillet à Sarajevo


Je vous avais raconté que j'avais été invité à la Garden partie de l'Elysée le 14 juillet 1997 par Monsieur et Madame Chirac....on aurait pu appeler ça "un guisard à l'Elysée!"
L'année suivante j'ai été invité le 14 juillet par l'ambassadeur de Bosnie à un apéritif dinatoire.
J'étais donc président des sous officiers de la DMNSE (Division Multinationale Sud Est) de Mostar... et pour la fête nationale j'ai eu le plaisir de recevoir un carton d'invitation de la part de l'ambassadeur de Bosnie et de son épouse.
Comment aller de Mostar à Sarajevo ?  … la route est longue et dangereuse … elle longe la Neretva, une rivière sinueuse… parfois c'est un chemin escarpé sur lequel un véhicule peut basculer dans le ravin ….
Je n'ai pas eu à chercher longtemps ...le général commandant la DMNSE m'a fait savoir par son cabinet que j'étais convié à effectuer le voyage avec lui dans son hélicoptère. Bonne pioche ! Une demi heure d'hélico à la place de 3 heures de véhicule blindé avec tous les risques que ça comporte... le chemin est sinueux, dangereux et plein de pièges (mines ou autres) L'hélicoptère peut lui aussi prendre un missile mais nos pilotes sont aguerris et ils connaissent leur métier en la matière...donc moins de risques ...l'itinéraire est étudié ! Il serait dommage de se faire "flinguer" pour aller boire un coup avec monsieur l'ambassadeur...
L'hélicoptère s'est donc posé sur l'aéroport de Sarajevo, une voiture nous attendait pour nous emmener en ville . Le général, ses gardes du corps et moi avons fait une petite visite de Sarajevo en attendant l'heure de l'apéritif. J'ai pris beaucoup de plaisir à revoir cette belle ville dans laquelle j'allais faire les courses du bataillon du génie quand j'étais à Rajovac !  Puis la voiture nous a conduit jusqu'au lieu de rendez vous....c'était un grand restaurant à la sortie de la ville appelé "La Piscine" (il y avait une piscine dans la cour). Nous avons fait la queue pour pouvoir présenter nos respects à l'ambassadeur et son épouse.... puis cette formalité accomplie, à nous le champagne et les taosts !!!
Soudain j'entends dans mon dos quelqu'un crier "MAJOR!!!" je me retourne et je vois mon ancien général de Chalons qui fonce sur moi me fait l'accolade en m'appelant son frère d'armes. Content mais surpris de cet accueil chaleureux. Le général était en poste à Sarajevo .... il était le numéro 2 de l'OTAN en Bosnie. Il m'a entrainé vers l'ambassadeur et son épouse pour me présenter à eux. Leur accueil fut très chaleureux....et nous avons discuté longuement de notre travail de militaire à Mostar.
Il faisait nuit et il a fallu repartir ... prendre l'hélicoptère pour Mostar.
C'était la première fois (encore une première fois!) que je prenais l'hélicoptère de nuit .... ça fait drôle...pas un bruit... le noir le plus complet...on se demande comment les pilotes arrivent à piloter sans rien voir à l'aveuglette... ça m'a paru long !
Et ce fut le retour à la base ... pour finir le travail  de la journée ... il y a toujours à faire dans un Centre Opérationnel !
Encore un beau 14 juillet ....

jeudi 11 avril 2019

Hommage


Rajovac dans la banlieue de Sarajevo...la mission du bataillon se termine dans une semaine...C'est donc la fin de notre mandat….  je suis le président des sous officiers de la  compagnie de commandement et de soutien... j'avais décidé d'inviter tous les sous officiers du bataillon (5 compagnies) à un énorme pot dinatoire pour se dire adieu avant que chacun ne reparte dans ses garnisons respectives...Cette organisation fut longue et difficile car il fallait que chacun soit d'accord avec mon thème et le choix des boissons et des toasts ...Enfin après plusieurs réunion le pot fut organisé dans un ancien bâtiment désaffecté du camps dans lequel il y avait une grande cour d'un couvent...
Le soir... tous les sous officiers étaient rassemblés pour la fête... les bouteilles de vin blanc, rosé et rouge  débouchées ...les toasts sortis des frigos...saumon fumé...jambon de Bayonne ...rillettes...pâtés divers....etc...prêts à être dégustés...Pas de micro pour mon discours de bienvenue...(toutes les compagnies étaient disséminées sur le terrain entre Sarajevo et Mostar Ortijes et même une qui était sur le mont Igman en train de dépolluer...) il fallait donc parler fort ...tous étaient venus ...nous étions en septembre et il faisait encore bien beau...
J'avais à peine commencé à parler ...un sergent chef du centre opérationnel du bataillon m'a fait signe de loin qu'il souhaitait me parler d'urgence...je quitte mon emplacement pour le rejoindre après m'être
excusé auprès de l'assemblée...
Le chef me dit " Major, le colonel demande à ce que vous annuliez tout de suite votre pot...un soldat du bataillon vient de mourir après l'accident de ce matin..." J'ai répondu OK... cruelle nouvelle...que j'ai aussitôt transmise aux sous officiers...j'ai demandé aux 4 autres présidents des sous officiers des compagnies de me rejoindre...je leur ai demandé de prendre avec eux les bouteilles et le repas pour les consommer au calme dans leur compagnie...J'ai présenté mes condoléances aux sous officiers de la Compagnie de travaux dont était issu le militaire décédé...
Je suis allé rendre compte au colonel de l'arrêt du pot...Là j'ai appris qu'un conducteur d'engin de 18 ans s'était retourné avec son EBG (engin blindé du génie) qu'il avait sauté à l'extérieur pour ne pas basculer dans le ravin avec son véhicule mais celui ci s'est écrasé sur lui....
Deux jours plus tard... le bataillon était rassemblé en grande tenue sur la place d'armes pour rendre hommage au défunt...18 ans ...mourir à une semaine de la fin de la mission...mourir loin des siens...loin de chez lui... (il y a une chanson militaire qui dit "loin de chez nous en Afrique... et mon meilleur camarade est mort auprès de moi...")
Le colonel a bien parlé...il lui a parlé...comme s'il était vivant...il lui a dit des mots très doux  (comme dans la chanson)...mes larmes ont coulé ... je n'ai pas pu me retenir...j'étais debout droit comme un i ...au garde à vous... et les larmes inondaient mon visage...
Je savais que le papa du soldat décédé était là...lui aussi au garde à vous...il était major ici mais dans un autre bataillon...imaginez l'homme assistant à la prise d'arme d'hommage à son fils... ce fut difficile pour lui....j'y pense encore aujourd'hui…