dimanche 24 mars 2019

Le terrain ...y a rien de meilleur !


Ma vie militaire a été intense et riche en expériences diverses.... de mes origines bancaires l'armée a fait de moi un comptable ...J'étais donc condamné à avoir des postes de comptable ou de gestionnaire à cause de mon ancien emploi d'employé de banque à la Société Générale de Guise. Que ce soit à Margival, Noyon ou Folembray j'ai été comptable et gestionnaire.
Arrivé à Baden Baden, j'étais rédacteur au bureau Finances Budget de l'état major du Corps d'Armée. J'avais donc un emploi au sommet de la fonction financière militaire. J'aurais pu me contenter de gérer les économies d'énergies des forces françaises en Allemagne mais le terrain et l'instruction me manquait terriblement !
Un jour (jean michel va rire...lui qui me surnommait "la fouine") je suis tombé "par hasard" sur un message intéressant... (j'étais toujours dans les secrétariats à l'affut du moindre renseignement...je fouinais ). Le message était une demande de volontariat d'un cadre pour occuper pendant un mois le poste de chef de peloton à l'escadron d'instruction du 20°Régiment du train de Baden. Cette occasion était trop belle pour moi... je suis allé voir mon colonel pour me porter volontaire. Et c'est comme ça que j'ai refait pendant un mois les classes aux appelés du contingent. Et je vous prie de croire que je me suis éclaté... Entre le chant, les sorties terrain pour l'apprentissage du combat et les séances de parcours du combattant ... je me suis donné à fond alors que mes camarades de l'état major se demandaient ce qui me faisait bien courir au lieu de rester "planqué" dans mon bureau à compter les kwh des régiments !
Une belle période pour moi qui m'a ramené en pensée vers mon ancien régiment de Belfort.
Trop courte ...un mois seulement ... et je suis retourné dans mon bureau et mes KWH .... (pour un fils d'agent EDF ...normal )

Le garage de Monsieur Donnay



J'avais 14 ans...je m'en souviens comme si c'était hier...
Quand je dis que j'ai fait des bêtises à Guise...celle là en était une sacrée...de bêtise...
Ce sont les vacances scolaires et il faut que j'apprenne le travail...je dois savoir ce que ressentent les gens qui se lèvent le matin pour aller travailler. Monsieur Donnay a accepté de me faire travailler dans son garage pour ces 15 jours de vacances. Je n'y connais rien mais j'apprendrais !
J'ai appris ...oui ! Rodage de soupapes...j'en ai fait pas mal... servir l'essence ..facile ! Balayage du garage ...pas de problème...c'est Bernard qui m'apprenait. Bernard était le seul mécanicien de Guise à savoir dépanner et travailler sur une DS Citroen à l'époque avec la suspension hydraulique c'était très compliqué.
Un jour il m'a dit qu'il allait m'apprendre à faire une vidange. Super!!! je vais savoir faire les vidanges...Il avance une 2CV citroen sur le pont et nous nous installons en dessous du moteur
"Il n'y a pas à se tromper, un seul boulon à dévisser...laisser couler l'huile ...revisser et remettre de l'huile dans le moteur en haut !" oui simple en effet...
Le lendemain un monsieur vient au garage pour une vidange avec sa DS. Bernard me dit "je n'ai pas le temps ...va faire la vidange du monsieur !"
La voiture est sur le pont...stupeur ! ce n'est pas le même moteur que la 2CV!!!
Je vois plein de boulons ! lequel dévisser ? le monsieur est là à me regarder et m'attendre...je ne peux pas aller demander à Bernard...je me lance..je dévisse un boulon...c'est de l'essence qui coule !!! houuuuu.....je revisse rapidement et en dévisse un autre ...ouf c'est l'huile qui descend....je termine donc la vidange...le monsieur va payer et s'en va sans un regard pour moi!!!
Il revient l'après midi, en colère !!! son réservoir d'essence fuit !
Monsieur Donnay ne m'a rien dit....Bernard m'a donné un balai... et j'ai terminé mes vacances à balayer le garage Simca de monsieur Donnay !!!
J'ai quitté le garage pour repartir au collège ...je n'étais pas fait pour ce métier...5 ans plus tard j'effectuais les vidanges de mon  char AMX 13... la main dans le "cambouis" !!!

samedi 23 mars 2019

Mes emplois à l'Etat Major de Chalons


A l'état major de la 10°DB j'ai été affecté à la cellule stages, concours et examen. J'étais donc chargé de l'organisation de tous les examens et concours du territoire de la division... toute la Champagne Ardenne... j'étais également r esponsable des inscriptions aux différents stages que l'armée pouvait offrir. J'étais  responsable de l'enseignement de 9000 hommes. J'avais des relais dans chacun des 9 régiments dont nous avions la charge... j'étais  souvent sur les routes et dans des réunions interminables pour toutes les organisations d'examens...je prenais les ordres à Paris et j'organisais des épreuves comme les concours d'entrée aux écoles d'officiers ou les examens des sous officiers pour monter en grade. Comme mon général voulait que ses soldats réussissent leurs examens j'organisais des périodes bloquées... Pour le concours d'entrée à Coëtquidan je montais un lycée éphémère dans une enceinte militaire de Mourmelon avec des professeurs choisis parmi les appelés qui étaient déjà professeurs dans le civil. Ce lycée était organisé en 4 classes.... une par option .... maths, histoire-géo, sciences et technologique... les cours duraient une quinzaine à l'issue de laquelle était organisé un concours blanc. Pour moi cela représentait deux mois de travail de préparation...là j'étais dans mon élément. Chaque catégorie de militaire avait ses examens et j'organisais des examens blancs pour tous.... un au début de la préparation pour le constat de démarrage(tu ne sais rien, donc bosse!) ... un au milieu pour voir l'évolution et un en fin de période une semaine avant l'examen réel que j'organisais bien entendu... avec les copies anonymes et les sujets que je recevais de Paris qui étaient scellées et enfermées dans mon coffre.
Voila j'ai fait ça six années durant.... au début j'étais chef de cellule...et au vu des travaux à réaliser mes chefs ont modifié la structure de l'organisation de l'état major et je suis devenu chef de la section stages et non plus cellule donc j'étais mon propre chef! Un chef de section dans un état major de division est un officier (de capitaine à lieutenant colonel)...les résultats ont suivi.... 90% de réussite aux concours et examens pour la 10°DB !!! mon général était content !
Comme quoi un petit gars sorti du collège de la place Lesur peut faire honneur à ses anciens professeurs ! ...

Lydie ma copine d'adolescence


Voici encore le portrait d'une personne qui a compté dans ma vie...une grande amitié nous liait...elle a duré longtemps...
Lydie habitait pas loin de chez nous...jeune, je la voyais passer devant la maison ...elle promenait son petit chien...
Je ne sais plus comment j'ai fait sa connaissance...mais nous nous sommes vus et revus...en amis. On se racontait nos petites histoires...Ses parents m'aimaient bien, surtout son père qui venait toujours me voir jouer au football au Coq Hardy... je l'entendais m'encourager ...il m'appelait le tiot ailier...
Avec Lydie, pas de bisous...pas de drague...une pure amitié sans arrières pensées...
Certains la disait distante et fière...non ! je la connaissais trop bien !!! Elle était super !
Et puis la vie nous a séparés...elle est allée au lycée...moi à l'armée...
A Belfort, mon courrier c'était Lydie...Elle connaissait tout de moi...je connaissais presque tout d'elle...moi je lui racontais mes amis guisards...sur ce sujet elle était très très réservée...mais ses conseils étaient avisés...elle connaissait bien mieux mes connaissances que moi ! Nos lettres, nous les écrivions le soir...ce qui  ajoutait à l'intime...elle me donnait la couleur de ses vêtements de la journée...je lui donnait l'ambiance de la chambre...elle me donnait la marque de son parfum...je lui donnait l'odeur de mon environnement... (10 hommes dans la même pièce...!)
Cette correspondance a duré des années...lequel a cessé d'écrire à l'autre ? je ne sais pas ...nous avions notre vie...et nous devions la vivre sans nous retourner ...
Lydie est entrée à la bijouterie Le Lore, rue Docteurs Devillers...elle y a bien réussi...moi j'ai continué ma carrière militaire. Nous nous sommes revus une ou deux fois à la bijouterie lors de mes visites à Guise…
Aujourd'hui Lydie n'est plus … ça me fait toujours mal au cœur d'évoquer ma chère copine d'adolescence… A sa famille j'adresse mon meilleurs souvenir...

vendredi 22 mars 2019

Annie et moi...


J'ai toujours aimé le cirque...depuis tout petit à Villers Cotterêts quand j'allais voir le cirque Pinder dans le parc du château...A Guise, le cirque s'installait place Lesur...et nous étions aux premiers rangs pour voir le chapiteau se monter... mon père bénéficiait de places à prix réduits... dont nous profitions...assis sur les bancs du haut ....Partout où je suis passé j'ai essayé d'aller au cirque quand il passait dans la ville... Et j'y rencontrait des personnages célèbres. A Villers, j'y avais vu chanter Gloria Lasso...mais ce qui m'a le plus impressionné, c'est le cirque Amar quand il était venu à Belfort...il se produisait sur la grande place Robespierre non loin du quartier Hatry où je travaillais…
J'allais voir les présentations de l'homme canon sur la place … cet exercice en public  était destiné à vendre beaucoup de places pour la représentation du soir ...
Ce soir là j'avais pris place au bord de la piste dans un excellent fauteuil...nous avions vu "l'homme canon" IMPRESSIONNANT !!! mais le meilleur était à venir....
Nous attendions les clowns ...c'étaient Annie Fratellini et Pierre Etaix...dans leur numéro, Annie devait rendre jaloux Pierre...et pour se faire, elle s'est servie de moi...elle est venu m'embrasser gentiment me disant dans un souffle "laissez vous faire"...et la suite fut très drôle....Avant de quitter la piste, Annie m'adressa de loin un clin d'œil....elle est venue me voir à la fin du spectacle pour me remercier de ma participation....
J'ai encore en mémoire la bise d'Annie...
Annie n'est plus … J'ai été très triste quand elle nous a quitté ...

Les petites filles de la grande maison



Je reviens à mes débuts à Guise...nous avions quitté l'usine à gaz de Villers Cotterêts pour venir habiter dans l'usine à gaz de Guise...nous logions dans une petite maison en longueur à droite de l'entrée principale de l'usine. En face de chez nous vivait une famille dans une très grande maison...le couple avait deux petites filles ...très jolies et très polies...le"bonjour Monsieur et bonjour Madame" n'étaient jamais oubliés. Elles étaient toujours très propres...pas de taches...toujours habillées dans des robes aux couleurs pastel...de vraies petites filles modèles.
Moi, je ne louchais pas sur les petites filles ...bien trop jeunes pour moi...je louchais sur leur maison...elle était belle !!! la maitresse de maison, la maman des petites filles était très jolie aussi. Mais moi c'était la maison qui m'intéressait. J'étais très jeune et je me disais que peut être un jour. ...mon père serait directeur et que nous habiterions dans une belle grande maison comme celle là.
En attendant , nous étions dans la petite....
Mes petits frères aimaient bien les petites filles modèles...c'était de leur âge de jouer avec....mais comment faisaient elles pour jouer sans se salir ? Cette question m'a toujours intrigué. Moi et mes frères on se salissait en jouant ...elles non !!!
Un jour le papa des petites filles a été muté pour une promotion...les petites filles et leur jolie mère sont parties laissant la grande maison vide...Nous avons eu la chance d'aller y habiter...en moi même je me disais que mon père était bien le directeur !!!
Qu'il est loin ce temps des maisons et de l'usine à gaz de Guise...les petites filles doivent avoir des grands enfants ... qui ne se salissent jamais ..."Bonjour Monsieur...bonjour Madame"......

jeudi 21 mars 2019

Le meilleur ...nicht war ?



Nous avons emménagé dans la grande maison de l'usine à gaz …. 
J'ai un nouveau domicile, boulevard Pequereau et une belle grande chambre à l'étage…le seul ennui c'est que je sais que je vais redoubler ma quatrième. Faute d'avoir eu une bonne moyenne au deux premier trimestres, je savais qu'il était impossible de rattraper le retard.

Cette quatrième, il faut l'oublier pour repartir du bon pied l'an prochain..mais il reste encore presque deux mois à faire et il faut supporter le professeur d'allemand…mais où est donc passée la belle demoiselle aux si belles longues jambes? Elle enseigne toujours aux élèves de cinquième et c'est un homme pour les quatrième…et quel homme..une vrai figure!!! C'est le meilleur... si bien que mes parents me faisaient  faire des cours particuliers chez lui !

Tourmenté, persécuté … pensait il, cet homme était le meilleur professeur d'allemand du collège et avec lui nous ne pouvions que progresser mais ses tourments lui faisaient perdre tout le bénéfice de son talent. Il pensait sans cesse que les élèves se moquaient de lui, se retournait brusquement pour en surprendre un en train de le singer…ce que personne n'aurait osé faire …vu le personnage autoritaire…Il avait des expressions toutes faites comme “bizarre autant qu'étrange” qu'il répétait sans cesse riant de son bon mot à chaque fois qu'il le disait…ou encore “nicht war?' qu'il mettait à toutes les sauces…Il ne posait pas les copies corrigées sur notre table, il nous les lançait en passant devant nous avec un geste théâtral…à la César…Parfois il parlait avec des fleurs sortant de la bouche quand il était satisfait de lui…”bizarre autant qu'étrange”… 

Il traitait les filles de "petites pestes"… et les garçon de "jemenfoutistes"
Nous l'aimions...dommage qu'il ne s'en rendait pas compte !
Monsieur Lebourg, si vous lisez ces lignes soyez assuré de mon meilleur souvenir ... mes respects Monsieur le Professeur !

Petite ville tranquille...petite vie tranquille...



J'ai quitté Guise pour l'armée et mon adaptation à cette institution fut très difficile ...
Je quittais le duvet familial pour vivre une expérience ou seuls les durs réussissaient à l'époque....petit à petit je me suis endurci mais j'ai toujours essayé de donner un peu de chaleur et d'humanité à mes actions...
C'est ainsi que mon style de commandement était plus coulant et que mes chefs appréciaient  mes prises de décision et les résultats humains obtenus...
Je me suis un peu inspiré de mes professeurs, prenant le bon de Monsieur Husson et faisant le contraire de monsieur Lebourg...vous voyez qu'on est inspirés par les personnes qui ont eu la charge de notre enseignement...
Mais que ce fut difficile au début !!!
On ne peut comparer la petite vie tranquille de l'adolescence et le déferlement de consignes et de règlements qui vous envahissent quand vous entrez dans ce milieu ....il faut faire attention à tout ce que vous dites...surtout ne pas froisser l'interlocuteur...tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de s'exprimer.... la suite sera plus facile...une fois les règles apprise et respectées...
Exemples des incompréhensions....
- à l'incorporation VERDUN :
" question du chef : votre métier ?
"employé de banque chef !
" Non !!! pas employé de banque, MILITAIRE !!!
"oui Chef !

Et c'était souvent comme ça ...aucune réponse ne correspondait à la question.

CARPIAGNE :
question du chef " diplômes ?"
"BEPC chef "
"c'est ça oui et prends moi pour un jambon encore ...inscription aux cours du soir pour le certif !!!"
"mais...."
"j'ai dit !!! vous pouvez disposer !"
J'ai disposé après un demi tour réglementaire et le soir j'étais aux cours du certificat d'études primaires à apprendre les multiplications et les divisions...
Au début j'ai fait semblant d'apprendre mais le professeur a bien vu que j'avais un niveau supérieur à ce qui était enseigné...il m'a renvoyé !!! il avait bien compris que j'avais mon BEPC 

Heureusement, aujourd'hui c'est différent...à l'époque c'était comme ça ..."le soldat était là pour obéir et ne pas réfléchir" (c'est comme ça que l'on disait)

Vous voyez que ça change d'avec notre petite vie tranquille de Guise....

mercredi 20 mars 2019

68 et le lion... Belfort...


Il fait noir, je suis à la fenêtre de la chambre....je scrute la cour du quartier....
Je suis arrivé à Belfort depuis une semaine et déjà je suis en train de faire mon peloton pour passer caporal... en gros, on fait la même chose qu'à Carpiagne mais en plus on apprend à commander une équipe...un peu comme le sizenier des louveteaux ...Baloo de Villers Cotterêts n'est pas là mais je pense à elle en ces instants...Monsieur Martin vous auriez aimé me voir ici habillé en soldat …. je repense au chemin que j'ai parcouru depuis mon engagement.....il y a déjà 6 mois .....
Au loin le Lion me regarde ...il est éclairé ...immense ...majestueux...c'est le défenseur de Belfort.
Ha voici enfin le clairon...c'est tous les soirs le même cérémonial...les soldats sont aux fenêtres, le clairon leur fait l'aubade...la sonnerie "l'extinction des feux" cette musique pure se perd dans le ciel étoilé...il aime ça notre clairon et il sonne au quatre coins cardinaux ..enchanteur...il s'essaie même à des variantes avec bonheur...des instants inoubliables...
Nous ne savons pas encore que notre mois de mai 68 sera douloureux....très douloureux...
Nous soldats de France seront confrontés à ces évènements. D'alertes en alertes nous seront prêts à sauver notre pays du chaos...
Heureusement le pays n'a pas eu besoin de nous...les français sont intelligents...Tout rentrera dans l'ordre... le Général a mis fin au désordre avec des mesures concrètes … merci encore à lui ...

Je suis entré dans l'histoire de mon pays. Les évènements ont fait que chaque soldat a eu une infime part de responsabilité dans la fin des grandes grèves... il a fallu gérer le stress, la peur et l'agacement de ne plus sortir, ni de recevoir de courrier ...à l'époque on avait pas de téléphone portable ...on avait même pas de téléphone ...seul le capitaine à l'escadron avait un téléphone...!!!
Ne pensez pas que j'ai oublié mes amis et mes amies....Non!
Je pensais fort à eux … que faisaient ils… eux… dans cette période troublée???

Cette période de mai 68 a été difficile pour tout le monde...j'ai beaucoup pensé à ceux qui faisaient grève...je les comprenais et j'avais une seule peur c'est de devoir affronter des grévistes... je ne voulais faire de mal à personne ... mais un jour, j'y ai presque eu droit...l'usine Peugeot de Sochaux Montbéliard était en grève et des incidents violents ont éclaté...nous sommes partis en camion vers Sochaux...arrivés à Chatenois Les Forges à quelques kilomètres de Montbéliard nous avons eu l'ordre de rebrousser chemin...OUF !!!
Un autre jour, nous avons été réveillés par une alerte... préparation de nos chars... armement; munitions...départ sur les hauteurs de la ville... camouflage des chars... avec des branches d'arbres et nous somme restés 24 heures dans l'attente d'un ordre...l'ordre est arrivé... retour au quartier...les habitants nous criaient "l'armée avec nous !!!" Impressionnant !
Voici donc les premiers mois de ma vie militaire ... Et je peux dire que cette période ... ce n'était pas notre métier de soldat de faire du maintien de l'ordre...heureusement aucun chef ne nous a donné d'ordre contraire à notre démocratie... le dilemme aurait été terrible... il faut louer ici le sang froid de nos dirigeants et de nos chefs....merci à eux ...

Je me suis trompé de métier



Merci pour la photo Sylvie de Guise 

 Il me faut revenir sur mon passage à la Société Générale...et vous verrez que je n'étais vraiment pas fait pour ce métier...
Quand, à 17 ans, vous vous retrouvez tout seul sur un poste bien spécifique...à la banque chacun a sa mission et essaie de le faire du mieux possible...alors on n'empiète pas sur le travail du collègue. Je n'aurais pas aimé que l'on vienne s'occuper de mon travail...mais parfois j'en aurais bien eu besoin...
Il fallait que j'y arrive seul...en tamponnant mes chèques du jour (et il en avait des tampons à déposer sur chaque chèque) je rêvais de courses sur le terrain de football, je m'imaginais sur le stade avec un ballon et ces pensées m'obligeaient à arrêter de travailler...je me dirigeais alors vers les toilettes au fond du couloir de la banque..il fallait que je marche ...que je me délasse ...je ne pouvais pas courir alors je marchais et cet petit manège se renouvelait souvent dans la journée...si bien qu'un jour j'ai été convoqué par le directeur.
Mr Duquenne était petit ... un peu rondouillard et il me demanda si je n'étais pas malade ...devant mon étonnement il m'a dit que mes voyages aller et retour vers les toilettes l'inquiétait. Je l'ai rassuré lui avouant que je ne pouvais pas rester en place longtemps. Ce fut à partir de ce moment que l'on me donna la charge des versements à la poste et la récupération des chèques chez les commerçants. Mais ces missions supplémentaires nuisaient à mon travail du portefeuille. Je me dépêchais pour avoir terminé à l'heure pour que mes collègues puissent partir...mais travailler vite faisait faire des erreurs et on partait plus tard à cause de moi...
Vous voyez donc que je n'étais pas fait pour cet emploi d'employé de banque...je me suis trompé de métier.
Quelques années plus tard, j'étais adjudant trésorier, enfermé dans un bureau ...et les toilettes étaient au fond du couloir...

Jean Michel a écrit :
Jean Michel Chagnet heureusement que tu as changé de métier,cela m'a permis de connaitre un homme exceptionnel en 1970 au quartier Hatry à Belfort !