lundi 18 juillet 2016

Thiérache : quand les associations traversent le couloir du temps pour sauver le patrimoine

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La Thiérache possède une histoire faite d’invasion et de combats avec tout un patrimoine architectural qui en découle : châteaux et églises fortifiées dominent toujours ces lieux chargés d’émotions, des lieux souvent sauvés par des bénévoles passionnés et plus que jamais déterminés à continuer ce long et difficile travail. Voici l’histoire de quelques associations incontournables.

1- Le Groupe de recherches archéologiques

Parmi les associations les plus actives, le Groupe de recherches archéologiques de Thiérache (GRAT) œuvre depuis quarante ans à la restauration du patrimoine. « En 1976, le GRAT était référent du plan de sauvegarde de 34 églises de Thiérache lancé par le conseil général de l’époque », se souvient son président, Jean-Paul Meuret.
Mais pour lui, en 2016, on est loin du compte : « la collectivité n’a payé que les matériaux, rien d’autres. Quarante ans après, on essaie de finir le travail mais avec un esprit gaulois pendant des décennies, il n’y a eu aucune politique générale sauf depuis deux ans avec une collectivité qui s’est dotée d’un outil de pays avec le Pôle d’équilibre territorial. »

« Victime de notre succès »

En 1976, la mission du GRAT consistait à la contribution des études générales et à la prise de photographies aériennes comme outil de fouilles archéologiques.
Aujourd’hui, l’association travaille avec les communes qui bénéficient d’un plan de restauration des églises voulu par la Thiérache du centre, « on reste reconnu par les élus locaux pour mener certaines études pointues même si on est aussi parfois critiqué pour notre élitisme. Le noyau de notre association bénéficie d’une formation universitaire. Aujourd’hui, on est victime de notre succès puisque d’un point de vue archéologique, c’est l’Institut national de recherches archéologiques et préventives (INRAP) qui a pris le relais et les associations bénévoles, comme la nôtre, ne sont plus dans le coup et on s’en félicite », explique Jean-Paul Meuret.
Par contre, il regrette que les grands sites archéologiques de la Thiérache ne soient pas protégés, comme les mottes féodales de Rozoy-sur-Serre, Voulpaix ou celle du château d’Englancourt.

2- Le Club du Vieux Manoir de Guise

De toutes les références patrimoniales de Thiérache, le Club du Vieux Manoir est incontestablement le plus ancien, peut-être le plus reconnu mais en tout cas celui qui est à l’origine d’un grand mouvement européen des chantiers d’été et qui perdure encore aujourd’hui.
Tout commence en 1952 quand le château fort de Guise, véritable décharge à ciel ouvert, est menacé de démolition. Le Guisard Maurice Duton lance alors une mobilisation sans précédent qui vaudra au site d’être retenu dans l’émission de l’époque « Chef-d’œuvre en péril ».
Le ministre de la Culture, André Malraux remet le premier prix au château en 1963, considéré à l’époque comme « le Goncourt des vieilles pierres » selon Le Monde. Soixante ans après, les jeunes sont toujours là, chaque été, et le chantier avance, brique par brique.
Pour compléter le dispositif, l’association Les Amis du château voit le jour en 2013. L’objectif est de soulager le Club du Vieux Manoir mais surtout d’avancer sur des projets précis, courts ou longs, en les finançant par des opérations précises comme la vente d’objets, le financement participatif sur Internet ou le mécénat.

3- L’Association Sainte-Anne de Thiérache

Née il y a quinze ans, l’Association Sainte-Anne de Thiérache (ASAT) situe sa mission dans la sauvegarde du patrimoine religieux.
L’objectif est d’aider à la restauration et la mise en valeur des vingt-sept églises que compte actuellement le secteur paroissial de Vervins. « À l’origine, on voulait préserver l’église Notre-Dame de Vervins mais on s’est vite rendu compte que le projet était trop ambitieux avec un chantier qui tournait autour des 10 millions d’euros. On a finalement préféré un projet autour des 27 églises de la paroisse Sainte-Anne », explique le secrétaire de l’ASAT, Christian Vanneau.
Restauration de vitraux, de statues, de chemins de croix, électrification, éclairage, chauffage, peinture, huisseries, ébénisterie sont autant de domaines d’intervention rendus possible au fil des ans par la mobilisation de paroissiens bénévoles venant directement en aide aux petites communes ne pouvant faire face à des travaux d’envergure de sauvegarde du patrimoine local.
La force de l’association est de totaliser 700 membres cotisants mais sa faiblesse, c’est l’affaiblissement du renouvellement des membres vieillissants.
Quoi qu’il en soit, la mobilisation reste un chemin de croix : « on est un peu le poil à gratter des paroisses et des élus pour mettre en avant les travaux à réaliser », poursuit Christian Vanneau.
Prochaine étape pour l’ASAT, le chantier de restauration intérieure de l’église classée de Nampcelles-la-Cour, fortement endommagée par la Mérule, un champignon dévastateur.

4- Une fondation pour l’église de Lerzy

La nuit du 11 mars 2014, l’église fortifiée du XVIIe siècle est partiellement dévastée par un incendie accidentel. Pour rassembler les fonds nécessaires à la reconstruction, la mairie a lancé une souscription publique car les assurances ne financent qu’une partie des travaux. Un fonds de dotation a ensuite été créé.
Ici, il s’agit de démarches administratives et financières mais sans lesquelles la sauvegarde patrimoniale des lieux n’a aucun sens puisqu’il est impératif de trouver des fonds extérieurs pour compléter les subventions et le remboursement des assurances.
Voilà donc autant de démarches qui œuvrent à la sauvegarde des vieilles pierres, en totale complémentarité avec les institutions.
http://www.aisnenouvelle.fr/region/thierache-quand-les-associations-traversent-le-couloir-ia16b109n395615

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